Devlog #3
Robocop versus Guy Debord. Non parce que, l’hippopotame c’est quand même très très fort.
— Vraiment, t’es sûr que l’éléphant il est plus fort que l’hippopotame ? — J’en suis certain : j’ai lu un livre là-dessus y a pas longtemps, et les mecs expliquaient qu’en fait, c’est parce que toute leur force est concentrée dans la trompe. De l’éléphant, hein, je parle.
Le chaland frétille devant la générosité des commit messages : Jouable 1 - New characters. Le franglais est beauf et militant, on ouvre le debug dans un clair-obscur d’où surgissent des monstres plus beaufs que militants.


On retourne trois coordonnées dans un <svg> et v’là qu’y a Robocop qui a pris trop d’amphétamines, en témoigne ses 500HP planqués dans un fichier de configuration. Merlindroïd sort de teuf avec les papillotes et le bouc bien taillé. Vu les yeux en trou de pine qu’il dissimule sous son chapeau, c’est un miracle qu’il ait plus de 100HP. Gawain s’est échappé d’un épisode 16 bits de Bomberman pour aller aux champignons, et Lancelot est littéralement en train de chier en nous regardant droit dans les yeux. Ci-dessous un speedrun en mode défensif-yolo contre Mordred. Où est l’achievement "You defended 765789 times and Merlin died like a pro" ? C’est drôlement inabouti, c’est pas comme ça qu’on va avoir de la traction.

Ça fait un peu plus de trois jours que le Kouign au Code déambule dans cette étrange forêt qui contient plus de policiers déguisés en batman que de korrigans. Le code fait la loi, et le Val sans retour, voisin de la Vallée de l’étrange, peut rapidement mener aux confins du mauvais goût. Entre deux workflows agentiques de mes fesses, ça se laisse aller à du prompt rigolard pour dessiner des personnages. Et puis ça s’empresse d’aller tout bourrer comme un babouin sur le champ de bataille dans un Jouable 2 - Character Updates pas si anodin. Fini le charme discret du <svg>, on détoure à tour de bras des png qui sentent le sang et la sueur, mais pas celui des templiers.




Tout ça, ça commence par Edward Coley Burne. Aussi terrassé que son Lancelot à l’idée qu’on a utilisé SON oeuvre pour CETTE merde.

Ce making-of est un manifeste anti-IA à lui tout seul. Le spectacle a tout mangé et si on avait compris Debord on pourrait vous l’expliquer. On ne sait plus si c’est une pub L’Oréal ou un artwork. On est dans le jus jusqu’au trognon. La sidération est totale.

C’est la version Caca-Cola du character design. Le cri désespéré de Matthew B. Crawford résonne dans ce monde virtuel lissé à l’extrême, stéréotypé, terraformé à l’instant sans aucune rugosité. Parfait et vomitif. Parfaitement vomitif.

Quinze secondes plus tard, on éclate de rire jaune après avoir chuchoté à Gemini : “Hadès”.

On est à deux doigts de se laisser convaincre tandis que la tignasse d’éric Sadin, passionément enragé par nos enfantillages, s’agite dans nos consciences goguenardes écartelées entre la honte et le rire.

Le crime est parfait. L’appropriation culturelle par la machine est totale, bourrée de failles. Le foutage de gueule du robot vers l’humain est complet dans la muse aux hermines.

Gueuloir